La Femen qui manifestait seins nus épinglée pour exhibition sexuelle

Les militantes féministes «historiques»s n'ont pas hésité à se dénuder pour soutenir la jeune militante interpellée devant le consulat de Tunisie./Photo DDM, Frédéric Charmeux

Les militantes féministes «historiques»s n'ont pas hésité à se dénuder pour soutenir la jeune militante interpellée devant le consulat de Tunisie./Photo DDM, Frédéric Charmeux


Il ne fait pas bon manifester quand le Président de la République est en Tunisie. La militante féministe interpellée, vendredi soir à Toulouse, a donné des sueurs froides au procureur…

Même en République française, une femme manifestant seins nus sur la voie publique peut être bien embarrassante. Le procureur Michel Valet n’a, en tout cas, pas hésité à stopper, manu militari, l’une des contestataires féministes, massées vendredi soir devant le consulat de Tunisie de Toulouse, en solidarité avec la militante tunisienne Amina Sbouï, détenue à Tunis. Il faut dire qu’à la même heure, François Hollande était reçu par son homologue, le président tunisien Moncef Marzouki. Pas question de désordre. «C’est scandaleux, s’indigne Julien Brel, l’avocat de la jeune femme placée en garde à vue. On transforme un geste politique en délit d’exhibition sexuelle. La réponse de l’État français à l’action menée devant le consulat, est une arrestation politico-diplomatique pour montrer sa bonne volonté au gouvernement tunisien». Avant de sortir du commissariat de police, quatre heures après son interpellation, la Famuni toulousaine arborait sur la poitrine l’inscription «Free Amina» et «J’écris ton non !», pour demander la libération d’Amina Sbouï, emprisonnée pour avoir peint le mot «Femen» sur le muret d’un cimetière à Kairouan, à 150 km au sud de Tunis, en protestation contre un rassemblement de la mouvance salafiste. Les policiers qui sont intervenus, un peu gênés, sur ordre judiciaire, ont juste précisé que «la jeune femme avait été interpellée parce qu’elle refusait de se rhabiller, malgré leur demande insistante». La mobilisation d’une cinquantaine de féministes devant le commissariat pour demander sa sortie a sans doute pesé sur sa libération. Hier, du côté du palais de justice on indiquait que «le parquet est juge de l’opportunité des poursuites… en fonction du contexte». Une façon d’expliquer que tout cela ne devrait pas aller bien loin. «Je l’espère, s’amuse Julien Brel, sinon, on se fera un plasir d’aller plaider sa cause et la défendre devant le tribunal». Pas sûr que la justice toulousaine tienne à ce genre de publicité.


Le chiffre : 8

mars

Famuni. C’est à l’occasion de la journée internationale des femmes du 8 mars que les Toulousains ont découvert la version sudiste des Femen, les Famuni, qui avaient chevauché seins nus, la statue de Jeanne d’Arc.


Non au patriarcat…

Le collectif Famuni toulousain soutient le mouvement des Femen, né à Kyiv en 2008. «Nous voulons surtout agir contre le patriarcat et le sexisme. Si nous devons dénuder nos seins pour défendre ces deux causes, alors oui, nous n’hésitons pas à le faire. En montrant nos seins, on reprend possession de notre corps utilisé et dénaturé par les hommes pour vanter les mérites des yaourts, des voitures, etc. Nous ne voulons pas être réduites à une étiquette. Notre vraie identité est l’action directe dans l’espace public. Tout comme les suffragettes ou les militantes MLF dans les années soixante-dix qui jetaient leur soutien-gorge aux orties. Les slogans écrits sur nos corps seront davantage lus, malheureusement que nos paroles écoutées»…

Via: ladepeche.fr


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