Maroc: reprise du controversé procès de deux homosexuels, le …

Quelques heures plus tôt, dans une action non concertée, deux militantes françaises des Femen s'étaient filmées, seins nus, et s'étaient embrassées devant la Tour Hassan, l'un des principaux monuments historiques de la capitale. "In gay we trust", arboraient-elles sur le corps. La réaction des autorités ne s'est pas fait attendre: les deux Françaises ont été expulsées, le ministère de l'Intérieur dénonçant "une offense inacceptable pour l’ensemble de la société".

Le lendemain, quelque 1.500 personnes ont manifesté devant l'ambassade de France à Rabat, arborant des pancartes avec le message "Pas de ça chez nous". De nombreux médias ont dénoncé une provocation des deux Femen, en rappelant que l'islam est religion d'État au Maroc. La polémique ne s'est pas arrêtée là.

Le jour même de la manifestation anti-Femen, deux Marocains, accusés de s'être embrassés au même endroit que les Femen ont à leur tour été arrêtés. L'identité et les photos des deux hommes ont immédiatement été diffusées par les autorités et des médias publics. Leur procès, qui s'est ouvert vendredi, devait reprendre mardi après-midi à Rabat. Les audiences sont notamment suivies par l'association Aswat ("voix"), une ONG locale luttant "contre la discrimination fondée sur la sexualité et le genre".

70.000 signatures pour Lahcen et Mohsine

Ce collectif, dont les membres préfèrent garder l'anonymat, a diffusé l'an dernier une web-série pour dénoncer les violences contre les homosexuels. Vendredi, à l'ouverture du procès, l'association a lancé, en collaboration avec l'ONG "All out", une pétition internationale visant à réclamer la "libération immédiate de Lahcen et Mohsine". Mardi midi, elle avait obtenu près de 70.000 signatures.

Malgré lui, le journal Maroc Hebdo a récemment contribué à médiatiser leur sort et ce débat sur l'homosexualité hors des frontières du royaume. "Faut-il brûler les homos?", s'est-il interrogé sur sa Une vendredi. "Certes, c'est un droit individuel. Mais quid de la morale et des valeurs religieuses?", ajoutait-il en sous-titre. Cette Une a été abondamment relayée par la presse et sur les réseaux sociaux, amenant Maroc Hebdo à retirer son numéro pour modifier sa couverture, tout en présentant des excuses.

Le même jour, Tel Quel, s'est de nouveau exprimé en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité. "Les homosexuels ne sont ni des déviants ni des malades", "l’amour consentant entre deux adultes n’est pas un crime" et "la loi ne peut pas s’immiscer dans les sentiments des gens", a-t-il avancé dans un éditorial intitulé "Vivre et laisser vivre".

En mars, l'ONG internationale Human Rights Watch (HRW) avait appelé le Maroc à dépénaliser l'homosexualité, à la suite de la condamnation de deux personnes à Al-Hoceima pour "acte contre nature". Quelques mois plus tôt, l'arrestation à Marrakech d'un Britannique et de son compagnon marocain avait également défrayé la chronique à l'étranger.

Condamné à quatre mois de prison, Ray Cole, 70 ans, avait finalement été relâché après avoir interjeté appel, cette libération mettant un terme au tollé dans les médias anglais. Son ami avait aussi bénéficié, dans la foulée, d'une mesure de remise en liberté.

Via: h24info.ma


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