Nouvelles accusations contre Amina, la militante des Femen

Le dernier rebondissement dans la bataille judiciaire menée par la militante tunisienne Amina Sboui est survenu le lundi 22 juillet.

Alors que les allégations fusent entre les responsables des prisons et les détenus, l'état des droits de l'Homme en Tunisie se trouve sous les feux de la rampe.

Elle est accusée d'agression à l'encontre d'une gardienne de prison, selon Halim Meddeb, membre du comité de défense des Femen. Ces nouvelles accusations pourraient entraîner un prolongement de sa détention.

  • [AFP/Bechir Betaieb] Amina Sboui doit répondre d'accusations de diffamation après s'être exprimée sur des abus qu'elle aurait subi alors qu'elle se trouvait en détention dans une prison de Sousse.

Amina clame pour sa part avoir subi des abus au cours de sa détention.

"Je suis jugée parce que j'ai dénoncé la torture et la violence exercées à l'égard des détenues", a déclaré Amina alors qu'elle prenait place sur le banc des accusés dans l'enceinte du tribunal de M'Saken.

Les partisans salafistes de la Ligue pour la protection de la révolution ont investi le tribunal de M'Saken où se tenait le procès.

Lorsque la militante du groupe de défense des droits de l'Homme "Femen" est sortie du tribunal, elle a crié : "La Tunisie est un État civil et les femmes tunisiennes sont libres", sous les applaudissements de ceux qui étaient venus la soutenir.

Sboui avait été arrêtée le 19 mai après avoir tagué un mur situé à proximité de la mosquée de Kairouan, où Ansar al-Sharia avait prévu de tenir un congrès. Elle avait écopé d'une amende de 300 dinars pour port illégal d'une bombe lacrymogéne.

Si elle est reconnue coupable de profanation d'un cimetière et d'attentat à la morale publique, elle encourt une peine de cinq ans de prison.

Lina Ben Mhenni, bloggeuse et membre d'un comité de soutien à Amina, a expliqué qu'Amina montre plus de courage qu'elle, dans la mesure où elle exprime son opinion de sa propre manière et dans un contexte politique et social extrêmement difficile. Elle a ajouté qu'Amina paie le prix de son engagement en faveur des droits des femmes.

"Il y a des irrégularités procédurales dans cette affaire, en particulier en ce qui concerne des dates contradictoires, qui nécessiteraient une action en nullité", a indiqué Me Souhaib Bahari, avocate de la défense d'Amina, dans une déclaration.

Ghazi Mrabet, un avocat qui a récemment rejoint l'équipe qui défend Amina, estime que sa cliente "possède toutes ses facultés mentales, contrairement à ce qu'a indiqué son père dans une émission de télévision".

Les dernières accusations formulées à l'égard de sa cliente pourraient entraîner une condamnation à un an de prison pour outrage et jusqu'à six mois de prison pour diffamation, selon Mrabet.

Pour sa part, la militante et blogueuse Asma Abidi explique que le dernier procès a été "injuste ; la fabrication d'accusations de toutes pièces continue. C'est le procès de toutes les femmes, parce qu'il concerne la morale plutôt que les crimes".

"Amina est victime de l'hypocrisie de la société, qui refuse de la soutenir parce qu'elle a touché ses sentiments et ses mœurs", ajoute-t-elle, affirmant que si un homme s'était trouvé à la place d'Amina, il serait d'ores et déjà libéré.

"Son procès est une honte pour le système judiciaire tunisien, qui est actionné par les partis politiques au pouvoir", conclut-elle.

Le journaliste Nabil Zaghdoud indique par ailleurs à Magharebia que "le phénomène des femmes seins nus en Tunisie doit être replacé dans son contexte historique, dans la mesure où il est venu en réaction à certaines tentatives des groupes islamistes radicaux de 'réduire la femme au statut d'objet', et à saper les acquis obtenus par les femmes grâce au Code du statut des personnes. Ce phénomène peut entrer dans le cadre de la 'rébellion des femmes' contre les normes prévalentes et dominantes, représentées par les traditions sociales et l'autorité religieuse sujette à l'équation de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas".

"Si nous passons du général au privé, le cas de la militante Amina Sboui a un fond politique au vu des violations qui l'entachent et qui ont été exposées par ses avocats", ajoute Zaghdoud.

"De plus, la manière dont les autorités tunisiennes ont géré l'affaire montre beaucoup de discrimination, dans la mesure où elles ont cédé face aux pressions pour libérer les militantes européennes, tout en évoquant l'indépendance du système judiciaire quand elles parlent de ce qu'a commis Amina Sboui," conclut-il.

Via: magharebia.com


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