Poursuivies en justice, les Femen sont-elles toujours légitimes ?

Les ennuis s'enchaînent pour les Femen. Après avoir été expulsé de son QG en banlieue parisienne il y a dix jours,  le groupe féministe connu pour ses actions seins nus a rendez-vous mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Son premier procès en France. Accusés d'avoir dégradé la cathédrale Notre-Dame le 12 février dernier, neuf de ses membres vont devoir s'expliquer sur leur manière de célébrer le renoncement du pape Benoît XVI. Sous les cris de "plus de pape" ou "dégage homophobe", elles avaient fait tinter les cloches avec des morceaux de bois avant d'être violemment expulsées par des vigiles, également poursuivis pour violences.

"Provocation inutile", "acte caricatural"... De Manuel Valls au PS à Nathalie Kosciusko-Morizet à l'UMP, les politiques avaient unanimement condamné leur action, remettant en cause la légitimité de leur combat. Il faut dire que les dernières sorties des Femen - incendie d'un drapeau présenté comme "salafiste" devant la Grande Mosquée de Paris, dégradation d'une statue de Vladimir Poutine au musée Grévin, happening choc dans l'église de la Madeleine, pour lequel une militante comparaîtra vendredi  - n'ont cessé de susciter des polémiques et de faire fuir les soutiens politiques.

Anne Hidalgo "n'approuve pas leurs pratiques"

Après la décision de justice ordonnant le 30 juin dernier l'expulsion des Femen de leur QG de Clichy la Garenne, où elles s'étaient établies illégalement, la leader du mouvement Inna Schevchenko a ainsi sollicité la maire de Paris. "Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de votre voix, pour que le féminisme de rue ne finisse jamais sous les ponts !", implorait-elle dans une tribune publiée le 2 juillet dernier sur le HuffPost.

Mais Anne Hidalgo, interrogée par metronews, tranche avec la position qu'elle tenait il y a encore un an. "Je suis sensible à ce que les Femen trouvent des solutions, mais je n'approuve pas leurs pratiques, qui ne sont pas adaptées à l'efficacité que l'on peut chercher dans le féminisme". Et de réfuter de nombreuses rumeurs : "Les Femen ne sont ni hébergées par la Ville, ni bénéficiaires de subventions".

"Elles sont nécessaires pour casser cette banalisation des inégalités"

Les Femen servent-elles la cause des femmes ? L'association Ni putes Ni soumises nous livre d'abord le discours officiel. "Nous n'avons pas à juger cette association", lâche la présidente Asma Guénifi. Mais en off, une autre responsable tient un discours beaucoup plus tranché. "Je pense que leur combat est ridicule. Leurs revendications sont évidemment justes, mais nous n'approuvons pas ce spectacle féministe. Contrairement à elles, nous prônons l'égalité entre les sexes et la pédagogie", dénonce-t-elle.

Mais pour les Effronté(e)s, une autre association féministe dont est membre la Tunisienne Amina, qui avait claqué la porte des Femen en dénonçant leur "islamophobie", leurs "actions restent légitimes". "Elles rendent la violence que les femmes subissent. Il y a toujours eu des actions coup-de-poing, et c'est nécessaire pour casser cette banalisation des inégalités", estime Fatima Benomar, la secrétaire générale du mouvement.

Une chose est sûre, les Femen se montrent toujours aussi déterminées. "La police, les services secrets ou je ne sais qui au gouvernement ne réussiront pas à casser notre motivation, assure Inna Schevchenko à metronews. " Nous avons de nombreux soutiens et nous resterons libres d'exprimer nos idées".

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Via: metronews.fr


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