A Paris, le président tunisien "surpris" par les Femen

Des manifestants opposés à la visite de Moncef Marzouki, le président tunisien, à l'Institut du monde arabe, le 12 avril.

Qui brandissant une pancarte "traître" ou "Robespierre", qui promenant une corde de pendu, les manifestants n'étaient pas très nombreux mais ils ont rendu nerveux les CRS soucieux de maintenir ce rassemblement d'opposants à bonne distance de l'Institut du monde arabe (IMA) où le président tunisien, Moncef Marzouki, en visite privée à Paris, était invité, vendredi 12 avril, à discourir sur "l'avenir des révolutions arabes".

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Parvenu sans encombre au 9e étage de l'IMA, le chef de l'Etat tunisien n'en avait pourtant pas fini. A peine Jack Lang, président de l'institut, avait-il commencé à présenter son hôte, devant un auditoire de 250 personnes, que trois jeunes femmes du mouvement féministe Femen, se sont jetées sur lui les seins nus aux cris de "Free Amina !" – allusion à une jeune Femen tunisienne de 19 ans enfermée par sa famille après s'être exposée, la poitrine découverte, sur les réseaux sociaux. A Paris, un garde du corps de M. Marzouki a eu toutes les peines du monde à expulser l'une des protestataires sous les yeux médusés des ambassadeurs algérien, jordanien, égyptien et libyen.

Une militante de Femen est immobilisée par le service de sécurité lors de la visite privée de Moncef Marzouki à l'Institut du monde arabe, à Paris, le 13 avril.

"Un peu surpris par la forme" de cette protestation, et quoique contrarié, le président tunisien a tenté de s'en tenir au but de la soirée : parler de son expérience à la tête d'un Etat sorti de la dictature qui a fourni la trame de son nouveau livre : L'Invention d'une démocratie, les leçons de l'expérience tunisienne (La Découverte, 180 p., 15 euros), aussitôt pastiché.

"DÉMOCRATIE SOCIALE"

Moncef Marzouki affronte les foudres des Tunisiens de France qui sont loin de lui être acquis. Il justifie son alliance avec les islamistes du parti Ennahda, se pose en militant des droits de l'homme "fier d'avoir, en l'espace de deux ans, gracié 13 000 détenus des prisons abjectes tunisiennes", défend la démocratie, ce "système sympathique parce qu'humain" qui "n'a de chance de s'implanter dans le monde arabe" qu'à la condition qu'elle soit "sociale et consensuelle".

Il met en garde contre les fractures de la société, la "révolution d'extrême droite" que représente le courant salafiste, et les "violences verbales" des laïques. "Je reçois tout le monde (...). On ne peut traiter le problème comme Ben Ali, mettre tous les gens en prison, et hop la torture. On ne fera pas du Ben Ali. On éduquera." Il menace un peu, aussi : "Ceux qui s'époumonent sur la démocratie et qui étaient avec Ben Ali : je détiens les archives." Mais Moncef Marzouki se veut optimiste. "Je crois qu'on est bien partis", conclut-il sans s'apercevoir qu'il énerve l'auditoire largement composé d'opposants.

Dans les derniers rangs, des pancartes à l'effigie de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, assassiné le 6 février à Tunis, sont sorties. La première intervention de la salle compare les grâces présidentielles à "une arme de destruction massive", une femme jette : "On s'en fiche de votre démocratie !"

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Via: lemonde.fr


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