Acquittements du Val-de-Marne : un « message d’impunité » ?

La cour d’assises du Val-de-Marne a acquitté, la semaine dernière, dix hommes poursuivis pour des viols collectifs commis sur deux jeunes femmes dans des cités de Fontenay-sous-Bois il y a plus de dix ans, et condamné quatre autres à des peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme.

Le ministère public a fait appel des condamnations et de certains des acquittements.

Ce verdict « nie totalement les viols et envoie un message extrêmement grave d’impunité », regrette Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale Solidarité Femmes, qui vient en aide aux femmes victimes et gère le numéro d’appel 3919. « Les victimes sont déjà dans une situation très difficile, fragilisées. Si en plus, elles ne sont pas entendues, elles ne peuvent pas se reconstruire », ajoute-t-elle.

« Par un tel verdict, catastrophique, les victimes se sentent violées, détruites une seconde fois car on leur vole leur mémoire, leur souffrance, leur idée de justice », abonde Muriel Salmona, psychiatre spécialiste des victimes. Conséquence : les femmes, déjà peu nombreuses à oser porter plainte, risquent d’en être encore plus dissuadées.

« La plupart de mes patientes ont peur de porter plainte. Si elles le font, c’est pour éviter qu’il y ait d’autres victimes, explique le Dr Salmona. Là, elles vont avoir encore plus peur de porter plainte, ce verdict est un véritable trouble à l’ordre public, c’est comme si la société décidait de ne pas se protéger de ses violeurs. »

10 % des personnes violées portent plainte

« Elles se disent, à quoi bon porter plainte ? », déplore aussi Mme Brié, tandis pour la Marche mondiale des femmes, ce verdict « écœurant et révoltant […] renvoie les victimes au silence et au refus de porter plainte, puisque ça ne sert à rien ». On estime que seules 10 % des quelque 75 000 à 100 000 personnes violées chaque année portent plainte, selon les associations. Selon le ministère de la Justice, 1600 à 1700 condamnations pour viols sont prononcées tous les ans.

Déjà, lorsqu’à l’été 2011, la justice américaine avait abandonné les poursuites pénales contre Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol, les associations féministes exprimaient leurs craintes de voir la parole des victimes décrédibilisée.

« Le cas (de Créteil) est tout à fait symptomatique de la situation générale, c’est totalement à l’image de notre société, de la façon dont ça fonctionne », selon Clémentine Autain, ancienne élue parisienne (apparentée communiste), elle-même victime d’un viol. « Il y a un tabou autour du viol […], on est emmurée, prise dans une angoisse, dans une difficulté à parler », a-t-elle ajouté jeudi sur Canal +.

Les organisations féministes appellent en outre à ne pas employer le terme « tournantes », mot des violeurs.

De 6000 à 8000 personnes composent chaque année le 0.800.05.95.95, un numéro gratuit et anonyme, géré par le Collectif féministe contre le viol.

Via: lalsace.fr


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