Amina, la Femen tunisienne, témoigne de son calvaire et dit avoir peur

En mars, Amina s'est photographiée seins nus à deux reprises. Depuis, elle fait l'objet de critiques acerbes et a même été enlevée par sa propre famille, pendant un mois, avant de prendre la fuite.

Pas un sous en poche, Amina vit cachée, hébergée tour à tour par des amis ou des soutiens. Elle se cache depuis qu'elle s'est enfuie de chez elle, il y a une dizaine de jours, après ce qu'elle qualifie d'enlèvement : "Mon cousin m'a enlevée, m'a frappée par terre, il m'a cassé la puce du téléphone, ils ont désactivé tous mes comptes Facebook".

Sa famille l'a retenue de force, choquée par la diffusion de ses photos, seins nus avec sur sa peau, cette phrase : "Mon corps m'appartient, il ne représente l'honneur de personne". 

"C'était vraiment dur, avec la violence et avec les leçons de morale et avec des séances d'exorcisme. Il y a des vieilles femmes de ma famille qui m'ont emmenée vers la cuisine pour voir si je suis encore vierge ou non, c'est terrible pour moi !", a-t-elle témoigné.

Amina cite en boucle l'exemple des pays du Moyen-Orient qu'elle associe à son expérience en Arabie Saoudite où elle a vécu de 9 à 13 ans. Elle y a porté le voile intégral mais ce qui l'a choquée, c'est le souvenir d'une scène de lapidation. Un choc qui refait surface quand le président d'une association islamiste en Tunisie la juge digne d'être lapidée : "L'expérience que j'ai vécu en Arabie Saoudite, j'ai peur de la revivre en Tunisie. La femme était libre. Mais maintenant, on voit des femmes avec des burkas, on voit des salafistes. Ils sont violents, eux, on ne peut pas rester comme ça, paisibles".

Pourtant, que ce soit en Europe ou en Tunisie, son action est loin de faire l'unanimité, beaucoup la jugent contre-productive. Ses détracteurs et même certains amis assurent qu'Amina est fragile, instrumentalisée par les Femen. La jeune femme dément et se dit fière et convaincue. Elle vient d'ailleurs de se faire tatouer ces quelques mots : "Lutte, nudisme, liberté". C'était les premiers trois mots que j'ai vus dans le site officiel de Femen.

Impossible pour Amina de reprendre le lycée en Tunisie, elle espère quitter le pays pour terminer ses études à l'étranger.

 

A Tunis, Camille Lafrance pour la RTBF

Via: rtbf.be


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