Carte postale La prostitution ukrainienne en pleine débandade

Aucune trace d’elles le long des rues de Kyiv. Les « filles de la nuit » se font discrètes. Très discrètes. Quelques-unes d’entre elles pavanent mollement devant tel ou tel club. Sans grande conviction. Il faut dire que pour les prostituées ukrainiennes, le soufflé est très rapidement retombé en ce mois de juin. Ces trois semaines d’Euro sur lesquelles elles comptaient pour faire grimper en flèche leur chiffre d’affaires, en même temps que leur qualité de vie souvent peu enviable, tourne carrément au fiasco. Le même bide, à peu de choses près, que celui connu par les travailleuses du sexe sud-africaines il y a deux ans.

Et pourtant, elles ont investi…

Interrogée par le journal « Kyivpost », Milena, 23 ans, assurait qu’elle n’attendait « plus aucune amélioration du nombre de clients sur ce mois de juin ». Rencontrée en plein centre-ville, regard vide, trépignant de froid dans la nuit de Kyiv, une femme de 44 ans, souhaitant conserver l’anonymat, abondait en ce sens : « Vous savez, en trois semaines, je n’ai eu aucun client étranger ! Franchement, pour nous, c’est une saison morte ». Et même, pour certain(e)s, un gouffre financier.

Nombreux sont en effet les patrons de « clubs privés » à avoir investi avant l’Euro, que ce soit en termes de décoration ou de publicité, espérant en retour un tsunami de clients. Nombreuses sont également les filles, indépendantes, à avoir sorti les billets pour apparaître dans les registres donnés aux touristes soit par les taxis, soit par les loueurs d’appartements. Le retour sur investissement est donc proche du néant.

Les raisons du fiasco

Quelles sont donc les raisons de ce flop retentissant ? Le directeur du tournoi pour l’Ukraine, Markian Lubkivsky, avait annoncé avant même le début de la compétition que « les fans n’auraient pas de temps pour le sexe ». À Kyiv, on ne peut en tout cas pas invoquer, comme dans d’autres villes hôtes, le nombre trop peu important de supporters présents sur place. Près de 30 000 Suédois ont passé deux semaines dans la capitale, avant d’être relayés par une cohorte d’Anglais. En ville, on estime en revanche que les filles, ainsi que les policiers corrompus « couvrant » les maisons closes, ont doublé voire triplé leurs tarifs habituels. Et puis, les visiteurs ont peut-être, tout simplement, su faire preuve d’intelligence. Et se souvenir, entre autres, que l’Ukraine reste le pays d’Europe le plus touché par le virus du sida (prévalence du VIH parmi les adultes de 0,54 %, et 24 % des prostituées de Kyiv seraient séropositives, selon une étude réalisée en 2011 par l’Alliance VIH/Sida).

Autant d’explications qui laissent en partie comprendre pourquoi l’oasis représentée par cet Euro constituait en fait un simple mirage pour le milieu de la prostitution. Rôdant aux alentours d’une manifestation de l’association « Femen » (*), Yevhenia Kuvshynova, coordinatrice du projet de charité « Convictus-Ukraine », lançait sous forme de prémonition : « Pendant l’Euro, les hommes vont se désintéresser de tout, sauf du football… et de la bière ». Visiblement, les supporters ont en effet préféré remplir leurs gosiers de ce houblon si peu cher, plutôt que vider leurs bourses en faisant perdurer l’un des principaux fléaux de l’Ukraine…

(*) « Femen » est une association qui lutte contre le manque d’action des gouvernements pour lutter contre la prolifération de la prostitution. Avant plusieurs matches de l’Euro, des femmes de cette association ont ainsi contesté seins nus autour des stades, provoquant à chaque reprise un raz-de-marée médiatique.

Via: lepays.fr


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