Les Femen, arbitres des élégances de la diplomatie française ?

À l’heure où le célébrissime magazine Playboy remballe sa quadruple page intérieure et prie ses pin-up de se couvrir le haut tout en évitant d’exhiber le bas, les Femen, au moins, sont-elles là pour déballer leurs charmes ; c’est les chauffeurs routiers qui vont être contents, sachant qu’ils auront un petit reste de viatique masturbatoire à punaiser dans leurs solitaires guitounes.

Mais les Femen ne seraient pas les Femen si elles ne présentaient un brin de je-ne-sais-quoi de « plus » politique : soit une sorte de happening nul. Ainsi, à l’occasion de la visite officielle du président iranien Hassan Rohani, cette palinodie, femme à moitié à oilpé, mimant un semblant de pendaison sous un pont parisien. Le moindre quidam aurait eu la bonne idée de couper la corde, au moins aurait-elle pris un bain, ce qui n’aurait sûrement pas été un luxe extravagant, tant la photo renaudait velu du dessous-de-bras et de l’entre-fesses.

En tout cas, voilà qui a dû faire godiller la lectrice de Elle ou de Libération. Car c’est un peu ça aussi, les Femen, l’engagement politique « low price », la motivation citoyenne façon soldes d’hiver. Elles ont lu le Persepolis de Marjane Satrapi et sont persuadées d’avoir tout compris des complexités persanes, puisque le valant bien, tel qu’il se doit. Évidemment, qu’importent les savants ouvrages d’une Delphine Minoui, longtemps correspondante du Figaro en lointaines terres iraniennes sur la question – trop de pages à lire avec des mots si compliqués -, alors qu’il suffit de pianoter sur le clavier de son ordinateur, d’aller sur imdb.com, bible du show-biz mondialisé, et d’y lire le bla-bla qui suit à propos du Persepolis en question : « Il s’agit d’un film magnifique à propos d’humanité, dans un pays où l’humanité a été décrétée illégale… » Rien de plus et rien de moins, et t’as le bonjour d’Albert au passage.

Il est vrai qu’à l’époque, au début de la décennie du présent siècle, en pleine affaire – un peu oubliée aujourd’hui – Sakineh Mohammadi Ashtiani, sorte de Jacqueline Sauvage d’alors, soit une femme, là et toutes proportions gardées, accusée d’avoir tué son mari avec préméditation et l’aide de ses deux amants. La mémère infernale ne fut évidemment pas pendue, mais juste condamnée à une grosse dizaine d’années de prison, mais BHL, alors « résistant » en chef, en a encore le brushing tout ébouriffé. Il était alors question de ne pas réitérer un nouveau « Munich » et de ne rien céder au nazisme à turban ; les vidéos d’alors de notre penseur en chef sont classées entre les DVD des Inconnus, de François Damiens et de l’intégrale de Casimir.

Itou pour les prouesses de nos Femen, donzelles qui sont au féminisme ce qu’Olympe de Gouges aurait pu être à Marc Dorcel. Hystériques quant à la République islamique d’Iran, mais d’une discrétion de violette vis-à-vis de la monarchie saoudienne, là où les femmes n’ont pas le droit de conduire, de sortir sans la proche présence d’un mâle de la famille. Là où cinéma et musique sont interdits et où les non-musulmans ont un statut social qu’on pourrait situer quelque part entre celui de la chèvre et du scolopendre.

En la circonstance, l’État français a au moins l’excuse d’entendre vendre à prix d’or nos coûteux avions de guerre. Mais qu’est-ce que les Femen ont à monnayer ? Seins qui dégringolent et fesses en gouttes d’huile ? Il en faudrait plus pour redresser notre balance commerciale et le zobineau d’un émir, si nos lecteurs veulent bien nous passer cette expression des plus triviales.

En attendant, voilà qui amuse, en même temps, nos nouveaux philosophes, nos politiciens devenus néo-conservateurs et, accessoirement, nos enfants.

Via: bvoltaire.fr


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