Les guerrières topless en quête d’un toit

C’est le repos des guerrières. Après avoir bataillé contre le tourisme sexuel lors du dernier Euro de foot, trois responsables des Femen, ces féministes ukrainiennes qui défient "le patriarcat" seins nus en faisant le buzz dans les médias, sont de passage à Paris. Chaperonnées par Safia Lebdi, conseillère régionale (EELV) Île-de- France et cofondatrice de Ni putes ni soumises, les jeunes VRP de l’activisme multiplient les rencontres avec le milieu associatif.

"Notre féminisme de rue est de plus en plus populaire"

Preuve que les vraies guerrières ne se reposent jamais que d’une oreille… "Notre féminisme de rue est de plus en plus populaire à travers le monde. Nous aimerions créer un centre de formation pour que celles qui veulent nous rejoindre puissent se familiariser avec nos méthodes", explique Anna Hutsol. À 27 ans, la fondatrice de Femen a l’assurance d’une militante aguerrie : "La femme nue fait peur. En enlevant nos tee-shirts, nous dénonçons le système machiste de manière bien plus efficace que si nous prononcions de beaux discours. Mais ce n’est pas un acte facile à faire. Avant de nous résoudre à ôter nos soutiens-gorge, nous avons beaucoup réfléchi et galéré dans nos actions."

L’activisme topless est un sport de combat. Pour oser se déshabiller au milieu des passants, mieux vaut soigner sa préparation psychologique – sans quoi le risque est grand de rester pétrifiée dans son petit haut le jour J – et surtout physique : dans de nombreux pays, les autorités ne sont pas tendres avec les contestataires qui doivent savoir piquer un sprint pour leur échapper ou rester de marbre lors des interrogatoires de police.

"Certaines ont été jetées hors de chez elles"

Mais le projet de camp d’entraînement, conçu comme le point de ralliement des amazones du monde entier, ne pourra pas voir le jour à Kyiv, berceau du mouvement en 2008. Car les rebelles sont, là-bas, la cible de la police et des services de sécurité. Jeudi, à l’aéroport, une militante de l’organisation s’est jetée seins nus sur le patriarche de l’Église orthodoxe russe, Cyrille. Elle a aussitôt été jetée en prison. Au fil des mois et des provocations, les beautés graciles sont devenues la cible des autorités ukrainiennes et la situation se tend encore un peu plus à l’approche des élections législatives. "Il y a quelques jours, nous avons nous-mêmes été arrêtées. Nous dérangeons. Nos amis, nos familles, le pouvoir. Certaines d’entre nous ont été jetées hors de chez elles par leurs parents, d’autres ont perdu leur boulot", racontent Inna et Alexandra Shevchenko, 22 et 24 ans.

Paris serait donc une solution de repli idéale pour héberger leur structure. Cela leur permettrait également d’ouvrir un compte en banque pour collecter les dons du monde entier. "On peut tout faire en démocratie", s’émerveillent-elles. Invitées bien élevées, elles confessent du bout des lèvres qu’elles rêvent d’obtenir un permis de séjour longue durée en France. "On a bien besoin d’une base arrière. On ne sait jamais ce qui peut arriver."

Via: lejdd.fr


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